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BINOCULARS


Vous enregistrez en ce moment votre deuxième EP. Comment sonne le nouveau Bino ?

Kraut Pop Shoegaze Océanique.

À quand l’album ?

C’est vrai que pour l’instant on se contente de EPs enregistrés de ci de là.

Un album c’est une démarche différente. On aimerait le réaliser dans de meilleures conditions, pourquoi pas avec un vrai producteur. C’est notre prochain objectif et je pense que ça pourrait être assez différent de ce que nous avons fait sur les EPs, tout en étant cohérent.

Vous jouez unplugged ce soir au Motel. L’acoustique, ça vous branche (hahaha) ?

Ça a été une belle surprise de constater qu’une grande partie des morceaux fonctionnaient bien en acoustique et prenaient même des formes insoupçonnées ! Et puis on consomme moins d’électricité … on a l’impression de faire un geste pour la planète.

C’est drôle d’observer la réaction de ceux qui nous connaissent en électrique quand ils nous voient jouer en acoustique pour la première fois. Souvent ils aiment ça, d’ailleurs. Dans l’autre sens… ceux qui nous ont découvert en acoustique aiment ce côté direct et intimiste, et se sentent un peu perdus la première fois qu’ils nous entendent amplifiés ! Mais dès que nous partons Kraut, avec les accumulations de guitares … les deux groupes se rejoignent !

Interview par Thomas Darras

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Lilt… 2 ?


Lilt dévoile aujourd’hui son premier EP, Eery Fairy Hole. C’est à découvrir dès ce soir chez les protagonistes : pleins pouvoirs à elles !

Lilt Eery Fairy Hole

Comment décririez-vous ce premier EP en quelques mots ?

Sobre, mirifique et fluorescent.

Nous croyons savoir que Lilt a débordé son duo initial, avec la participation d’autres musiciens à l’enregistrement de l’album. S’agit-il d’une nouvelle ère ?

Nous n’avons pas trop débordé quand même: notre EP est vraiment fait-maison, il est autoproduit, on s’est occupé nous-mêmes du graphisme…

Mais oui, d’autres musiciens ont participé: Beate Wolff, la violoncelliste, et Alexandros Karadimos, le guitariste. Donc nous sommes 5 en tout à avoir travaillé sur cet EP, en comptant Bastien Friquet, l’ingénieur du son.

Même si on continue à fonctionner en duo, pour nous c’est tout de même une nouvelle ère, puisque nous avons franchi le cap de l’EP, ce qui nous a pris un certain temps ! Nous songeons assez sérieusement à nous rebaptiser Lilt 2.

Comment envisagez-vous de jouer cet album en live ? Toujours en duo ?

Nous aimerions beaucoup intégrer le violoncelle sur scène, malheureusement Beate vit en Allemagne. Donc ce sera la formule habituelle, avec tout de même l’ajout audacieux d’un mélodica.



Feu Machin


Comment est-ce que vous vendez le Machin (en quelques phrases) lorsque vous devez démarcher ?

Jade Bouchemit : En fait on ne sait pas vraiment le vendre, on a toujours un petit moment de latence quand on nous demande de définir Feu Machin. La question « définissez le style musical de Feu Machin » est la pire question qu’on puisse me poser !

Peut-être est-ce que vous vous débrouillez, justement, pour ne pas avoir à démarcher… !

On ne démarche plus depuis un an environ, je sais pas trop pourquoi, ça s’est un peu fait du jour au lendemain, on n’a plus eu besoin de démarcher mais on n’a jamais cherché à ne plus en avoir besoin.

FEUMACHIN13_AA« On ne sait pas vraiment le vendre »

Est-ce que vous préférez que le public aborde Feu Machin comme un projet autonome ? Ou bien plutôt comme une facette d’un univers plus grand, un élément parmi l’entrelacs de vos multiples projets communs ?

Feu Machin est au carrefour de nos différents projets, donc oui je préfère qu’il soit envisagé comme un élément connecté à ce qui nous anime par ailleurs en tant que groupe et en tant qu’individus.

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L’Objet


Ce qui a été écrit sur Plank dans la presse en appelle souvent à des comparaisons, notamment Can, Cluster ou encore Kraftwerk (pour parler de ce qui est labellisé «krautrock»), mais aussi Sonic Youth, Tortoise, Boards of Canada (sous une autre étiquette, celle du «post-rock»). Avez-vous trouvé ces parallèles justes ? Vous y êtes-vous retrouvés ?

Julien : On est tombé sur le titre « Plank » pour notre album en cherchant des traductions de mots évoquant un plateau… Le mot « Plank » (planche, plateau… en anglais ou néerlandais) nous plaisait et coïncidait avec le nom d’un grand producteur de krautrock des années 70. Mais on ne pensait pas que ce titre servirait à ce point de référence aux chroniqueurs. On aime le rock allemand, mais il me semble qu’il y a bien d’autres éléments dans notre musique. Pour ma part, au moment de mixer, à lépoque, je pensais curieusement davantage à des groupes comme Hood, Deerhunter ou Animal Collective… Apparemment ça ne se ressent pas. En tout cas, on n’avait pas l’intention délibérée de refaire du Can ou du Neu!. Sauf peut-être sur « Herbie part 2 ». Tortoise, Sonic Youth et Boards Of Canada sont aussi des influences, même si plus éloignées maintenant. Donc oui pourquoi pas. Ce qui nous étonne le plus c’est parfois la comparaison avec Battles. On n’a pas du tout leur virtuosité et on aborde la musique de façon beaucoup moins musclée. (rires)

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Fiodor Dream Dog


La chanson honteuse que tu chantes sous la douche ?

« La Vie Par Procuration », de Jean Jacques Goldman

Le dernier rêve dont tu te souviens ?

J’étais hier avec Bertrand Belin alors je le lui ai raconté… J’ai rêvé que j’étais à l’hôtel et que je descendais prendre mon petit déjeuner, et là se trouvaient les membres du groupe. Je leur disais « Ah c’est drôle, j’ai fait un rêve politique ». Je citais des membres du gouvernement, et je racontais : « là, ils disaient ça… » Du coup ça produisait un effet, moi je me liquéfiais complètement, je ressentais comme des matières vraiment visqueuses, tout se mettait à couler, dégouliner, et Bertrand dans mon rêve me disait : « mais ce n’est pas un rêve politique, ça, c’est un rêve érotique ». Et je lui disais « Non non, pas du tout », et plus j’argumentais, plus c’était des trucs de cul dégueulasses, et tout le monde me disait « mais c’est pas grave, tu peux nous le dire, y’a pas de problème », et moi je ne comprenais pas en quoi ce n’était pas un rêve politique.

Donc tu rêvais que tu leur racontais ton rêve, et ensuite tu es descendue effectivement et tu leur as raconté ton rêve…

Du coup je leur ai raconté l’abîme de ce rêve…

Wow… Et maintenant, tu nous racontes que tu leur as raconté …

Exactement, ça fait un peu l’image de la Vache Qui Rit…

Mise en abîme incroyable!

Les boucles d’oreille de la Vache Qui Rit.

Une bonne Vache qui rit

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Fiodor Dream Dog (partie 2)


Dernièrement, tu t’es produite au Silencio, ce club très privé de David Lynch à Paris. C’est un lieu un peu auréolé de mystère… Comment s’est passé le concert?

Pour replacer les choses dans leur réel contexte, je n’ai pas été programmée par le Silencio. C’est un lieu très select, avec un processus de sélection par l’argent, puisqu’il faut raquer pour être adhérent, mais il n’y a pas que ça. Il faut appartenir à un certain milieu social : il faut être artiste, musicien, dans le cinéma, ou dans la mode. Il y a une espèce de chose comme ça, dont je me sens assez loin. Il se trouve malgré tout que le Silencio fait envie, puisque c’est un lieu assez beau où il est possible de se produire, en plein centre de Paris, dans des conditions plus qu’acceptables. Évidemment, le Silencio ne m’a pas appelée pour me demander de jouer chez eux, cela va sans dire.

Je voulais absolument faire un concert en janvier, pour la sortie du disque, parce qu’on a eu en décembre des soucis très pénibles avec un concert annulé à la Maroquinerie. L’attachée de presse et la manageuse avaient fait tout un boulot avec les journalistes ; je ne voulais absolument pas que ce travail reste vain. Je travaille actuellement avec un chanteur qui connait bien ce milieu, et c’est lui qui m’a permis de jouer là bas. Ensuite, bien-sûr, le patron a validé, il a été très gentil et il a beaucoup aimé le concert. Ça s’est très bien passé.

Je pense que visuellement c’est aussi très beau de voir un groupe dans ce lieu. Une scène un peu écrasée par un plafond, avec un tour légèrement arrondi, doré, un peu comme un ancien cabaret.. Oui, c’est un lieu assez beau, avec des cocktails qui n’existent nulle part ailleurs !

Est-ce qu’il y a d’autres endroits où tu as joué, qui ont été particulièrement marquants pour toi?

Des centaines ! En fait, je n’ai pas fait des centaines de concerts avec mon projet, mais j’ai fait des milliers de concerts avec les projets des autres… De quel lieu j’aurais envie de te parler ?

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Fiodor Dream Dog (partie 1)


Ce mois-ci, on est obsédés par les mélodies de Fiodor Dream Dog, petites molécules mélancoliques appuyant tranquillou sur le bouton DANSE de ton cerveau.

Tu es avant tout batteuse, est-ce que tu abordes la composition par l’angle de la batterie ?

Il se trouve que je l’aborde par l’angle inverse. A part un morceau qui figure sur le nouvel album, aucun n’a été composé par le biais de la batterie. La batterie est en général ce qui vient en dernier, et j’ai l’impression que, même si c’est mon instrument, celui que je maîtrise le mieux (de loin), j’ai vraiment besoin de l’harmonie. Je compose avec une guitare, dont je joue moins bien, mais qui m’emmène là où la batterie, sûrement, ne m’emmène pas. En tout cas, le jour où je voudrai enregistrer un disque de batterie solo, je le ferai.

FIODOR11_DH« Là où, sûrement, la batterie ne m’emmène pas »

Tu dis qu’il y a un seul titre qui n’a pas été abordé par ce biais : lequel ?

« Dog Barks », le deuxième titre de l’album. Un jour, j’ai joué cette rythmique pendant une balance, et je l’ai enregistrée. J’aimais bien cette rythmique.

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