interview



L’Objet


Ce qui a été écrit sur Plank dans la presse en appelle souvent à des comparaisons, notamment Can, Cluster ou encore Kraftwerk (pour parler de ce qui est labellisé «krautrock»), mais aussi Sonic Youth, Tortoise, Boards of Canada (sous une autre étiquette, celle du «post-rock»). Avez-vous trouvé ces parallèles justes ? Vous y êtes-vous retrouvés ?

Julien : On est tombé sur le titre « Plank » pour notre album en cherchant des traductions de mots évoquant un plateau… Le mot « Plank » (planche, plateau… en anglais ou néerlandais) nous plaisait et coïncidait avec le nom d’un grand producteur de krautrock des années 70. Mais on ne pensait pas que ce titre servirait à ce point de référence aux chroniqueurs. On aime le rock allemand, mais il me semble qu’il y a bien d’autres éléments dans notre musique. Pour ma part, au moment de mixer, à lépoque, je pensais curieusement davantage à des groupes comme Hood, Deerhunter ou Animal Collective… Apparemment ça ne se ressent pas. En tout cas, on n’avait pas l’intention délibérée de refaire du Can ou du Neu!. Sauf peut-être sur « Herbie part 2 ». Tortoise, Sonic Youth et Boards Of Canada sont aussi des influences, même si plus éloignées maintenant. Donc oui pourquoi pas. Ce qui nous étonne le plus c’est parfois la comparaison avec Battles. On n’a pas du tout leur virtuosité et on aborde la musique de façon beaucoup moins musclée. (rires)

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Fiodor Dream Dog


La chanson honteuse que tu chantes sous la douche ?

« La Vie Par Procuration », de Jean Jacques Goldman

Le dernier rêve dont tu te souviens ?

J’étais hier avec Bertrand Belin alors je le lui ai raconté… J’ai rêvé que j’étais à l’hôtel et que je descendais prendre mon petit déjeuner, et là se trouvaient les membres du groupe. Je leur disais « Ah c’est drôle, j’ai fait un rêve politique ». Je citais des membres du gouvernement, et je racontais : « là, ils disaient ça… » Du coup ça produisait un effet, moi je me liquéfiais complètement, je ressentais comme des matières vraiment visqueuses, tout se mettait à couler, dégouliner, et Bertrand dans mon rêve me disait : « mais ce n’est pas un rêve politique, ça, c’est un rêve érotique ». Et je lui disais « Non non, pas du tout », et plus j’argumentais, plus c’était des trucs de cul dégueulasses, et tout le monde me disait « mais c’est pas grave, tu peux nous le dire, y’a pas de problème », et moi je ne comprenais pas en quoi ce n’était pas un rêve politique.

Donc tu rêvais que tu leur racontais ton rêve, et ensuite tu es descendue effectivement et tu leur as raconté ton rêve…

Du coup je leur ai raconté l’abîme de ce rêve…

Wow… Et maintenant, tu nous racontes que tu leur as raconté …

Exactement, ça fait un peu l’image de la Vache Qui Rit…

Mise en abîme incroyable!

Les boucles d’oreille de la Vache Qui Rit.

Une bonne Vache qui rit

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Fiodor Dream Dog (partie 2)


Dernièrement, tu t’es produite au Silencio, ce club très privé de David Lynch à Paris. C’est un lieu un peu auréolé de mystère… Comment s’est passé le concert?

Pour replacer les choses dans leur réel contexte, je n’ai pas été programmée par le Silencio. C’est un lieu très select, avec un processus de sélection par l’argent, puisqu’il faut raquer pour être adhérent, mais il n’y a pas que ça. Il faut appartenir à un certain milieu social : il faut être artiste, musicien, dans le cinéma, ou dans la mode. Il y a une espèce de chose comme ça, dont je me sens assez loin. Il se trouve malgré tout que le Silencio fait envie, puisque c’est un lieu assez beau où il est possible de se produire, en plein centre de Paris, dans des conditions plus qu’acceptables. Évidemment, le Silencio ne m’a pas appelée pour me demander de jouer chez eux, cela va sans dire.

Je voulais absolument faire un concert en janvier, pour la sortie du disque, parce qu’on a eu en décembre des soucis très pénibles avec un concert annulé à la Maroquinerie. L’attachée de presse et la manageuse avaient fait tout un boulot avec les journalistes ; je ne voulais absolument pas que ce travail reste vain. Je travaille actuellement avec un chanteur qui connait bien ce milieu, et c’est lui qui m’a permis de jouer là bas. Ensuite, bien-sûr, le patron a validé, il a été très gentil et il a beaucoup aimé le concert. Ça s’est très bien passé.

Je pense que visuellement c’est aussi très beau de voir un groupe dans ce lieu. Une scène un peu écrasée par un plafond, avec un tour légèrement arrondi, doré, un peu comme un ancien cabaret.. Oui, c’est un lieu assez beau, avec des cocktails qui n’existent nulle part ailleurs !

Est-ce qu’il y a d’autres endroits où tu as joué, qui ont été particulièrement marquants pour toi?

Des centaines ! En fait, je n’ai pas fait des centaines de concerts avec mon projet, mais j’ai fait des milliers de concerts avec les projets des autres… De quel lieu j’aurais envie de te parler ?

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Fiodor Dream Dog (partie 1)


Ce mois-ci, on est obsédés par les mélodies de Fiodor Dream Dog, petites molécules mélancoliques appuyant tranquillou sur le bouton DANSE de ton cerveau.

Tu es avant tout batteuse, est-ce que tu abordes la composition par l’angle de la batterie ?

Il se trouve que je l’aborde par l’angle inverse. A part un morceau qui figure sur le nouvel album, aucun n’a été composé par le biais de la batterie. La batterie est en général ce qui vient en dernier, et j’ai l’impression que, même si c’est mon instrument, celui que je maîtrise le mieux (de loin), j’ai vraiment besoin de l’harmonie. Je compose avec une guitare, dont je joue moins bien, mais qui m’emmène là où la batterie, sûrement, ne m’emmène pas. En tout cas, le jour où je voudrai enregistrer un disque de batterie solo, je le ferai.

FIODOR11_DH« Là où, sûrement, la batterie ne m’emmène pas »

Tu dis qu’il y a un seul titre qui n’a pas été abordé par ce biais : lequel ?

« Dog Barks », le deuxième titre de l’album. Un jour, j’ai joué cette rythmique pendant une balance, et je l’ai enregistrée. J’aimais bien cette rythmique.

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LOKI STARFISH : « Silence + Evidence », nouvel EP


Loki Starfish Silence + Evidence

Il n’y a pas si longtemps, Subjective s’intéressait de près au cas Loki Starfish, groupe hivernal, intense, soigneux d’un imaginaire sophistiqué. Quelques mois après son premier album Love-Like Banners, Loki Starfish sort un EP que vous pouvez télécharger sur Qobuz. Et dont vous pouvez d’abord vous faire tranquillement une idée en écoutant le titre ci-après, un remix de « Drifting Sun » par Gachette Of The Mastiff.

Jérémie Lapeyre, initiateur, compositeur et chanteur de Loki Starfish, a bien voulu nous dire quelques mots au sujet de Silence + Evidence.

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A.P. Witomski


Je me suis lancé en solo il y a deux ans maintenant. Auparavant j’ai joué dans des groupes, mais je préfère être indépendant dans la création. Comme je joue de plusieurs instruments, ça me plait de me mettre dans des rôles différents et orchestrer tout ça. Le mauvais côté, c’est quand je tourne, il faut que je porte mon matériel, ma guitare, mon clavier et tout ça c’est lourd pour une seule personne !

Comment as-tu concilié la scène avec le fait de jouer en solo ?

Aujourd’hui, la technologie permet d’embarquer beaucoup d’éléments du studio dans un minimum de place sur scène. Je prépare mes samples en amont, j’ai mon laptop et j’ai aussi beaucoup simplifié mes morceaux pour le live.

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Lilt


Alors, Camille, qu’est ce que ça fait de passer de l’autre côté du micro ?

Camille Hardouin : Ca fait peur ! Je comprends mieux les tics de visage des gens qu’on a interviewés…

Aude W. : C’est VRAI ?

Camille : Mais non !

Camille, tu faisais déjà de la chanson avant Lilt. Qu’est ce qui t’a amenée à chanter ?

Camille : Ma mère a ramené une guitare d’une vente aux enchères. J’ai pris des cours avec un prof qui essayait de m’apprendre le jazz, ça ne marchait pas du tout.

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