Subjective Menu Subjective #06 septembre 2009 Subjective
Subjective obsession pop mensuelle

TELEX



Subjective Live ! #6

La prochaine soirée Subjective Live !, ce sera le 21 octobre, toujours à l’International (Paris 11). Plateau fantabuleux avec Clint Is Gone, Studio Paradise, et Lepolair.



CHRONIQUES

PERE UBU / Datapanik In Year Zero

""30 seconds Over Tokyo", qui ma m’a beaucoup marqué par sa puissance. Quand j’ai écouté ça pour la première fois, c’était un peu Apocalypse Now. C’est une compilation de cinq morceaux seulement. Musique concrète et rock sans prétention." ++


WIRE / Pink Flag

"Quand "God Save the Queen" de Sex Pistols est sorti, j’ai senti qu’une certaine énergie etait en train d’exploser, mais en tant que jeune New Yorkais, j’avais du mal à me sentir concerné par leur politique, la reine, bla bla bla. J’ai aussi trouvé leurs guitares beaucoup trop conservatrices par rapport à leurs messages." ++


STEELY DAN / Can’t Buy A Thrill

"Ca m’est rentré dans la tête et depuis ça n’en est jamais sorti. Dessus, il y a des morceaux incroyables, comme "Midnight Cruiser". Je me croyais au volant d’une vielle Chevrolet. C’est sorti en 1972, j’ai découvert dans les années 1980 et j’avais toujours un peu honte de le citer..." ++

EDITORIAL

Septembre 2009 : Binoculars

C’est la musique de mes seize ans. Pas celle que j’écoutais, mais celle qui tapissait ma boîte crânienne quand elle se laissait posséder par l’imagination. Pour un gamin, tout au loin semble facile. Nul besoin de gonfler les poumons ni de bander les biceps. Le simple fantasme d’une expédition créative accouche d’images assez nettes et de sons diffus. Le background musical de ma puberté, je l’éprouvais sans vraiment l’entendre.

Dés que j’ai découvert "Here Comes", j’ai su que Binoculars jouait cette musique mentale. Une pop qui imprègne le cerveau, directement, sans traverser l’air. Ces sons ne naviguent pas sur des ondes. Les objets dans la pièce restent sans mouvement. Rien ne vibre. Comme si vous écoutiez de la musique au casque, mais sans le casque, ou plutôt comme si le casque était un greffon.

	Binoculars / photo pour Subjective

Je n’explique pas le pouvoir d’envoûtement des longues voyelles que chante David Krutten. Les improvisations organisées que s’octroie le groupe en sont comme le prolongement instrumental. Ensemble, ils maîtrisent les secrets de l’hypnose. D’ailleurs ils en parlent. Mais n’imaginez pas une hypnose plan-plan, une évasion pour soixante-huitard reconverti dans le new age. Les chansons de Binoculars évoquent, dans le flou, cette impression de facilité désinvolte propre au rêve adolescent, mais aussi la tourmente et l’urgence. Sans laisser ouïr de contradiction.

Étrange que tout cela prenne vie maintenant... Il se peut que la rétrospection détruise les formes du passé, qu’elle les reconstruise au gré des circonstances et des émotions présentes. La pop de Binoculars a-t-elle le parfum authentique de l’adolescence ou celui de la nostalgie ? À vrai dire, j’étais déjà nostalgique à seize ans.

> Nico Calibre








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