Subjective Menu Subjective #04 juillet 2009 Subjective
Subjective obsession pop mensuelle

TELEX



Subjective Live ! #6

La prochaine soirée Subjective Live !, ce sera le 21 octobre, toujours à l’International (Paris 11). Plateau fantabuleux avec Clint Is Gone, Studio Paradise, et Lepolair.



CHRONIQUES

SEPULTURA / Arise

"Cet album est l’écrin de mes sentiments morbides de destruction. J’en ai plein. Certaines journées ressemblent à des accumulations de scènes du type Last Action Hero. Celle où Schwarzy s’imagine qu’il fracasse la tronche du vendeur de bagnole sur le tableau de bord d’une Cadillac Rouge alors qu’il est docilement en train de taper discute. On s’imagine le monde violemment." ++


AIR / 10,000hz Legend

"Des beaux claviers, des beaux accords — même sans que les gens n’entendent vraiment les accords : ça peut être des jeux entre la basse et le synthé — ça marche toujours. 10,000hz Legend, c’est selon moi le meilleur album de Air. C’est bien fait, bien enregistré. Déjà, ça ne pourrait pas être fait à la maison. Pour nous, c’est toujours bien d’avoir des références lointaines, ça te donne des objectifs à atteindre." ++


SUBWAY / Subway II

"L’essentiel des compos du deuxième album de Subway se situe dans les arpèges de synthés analogiques ; c’est hyper ambient et atmosphérique mais pas cosmique du tout. Le but secret de Subway est carrément plus élitiste que ça. Ils veulent nous faire croire qu’ils font de la space minimale nu-disco, censée évoquer des images de cosmos, d’étoiles, d’astronautes en apesanteur, de milky ways. Mais non." ++


JOAKIM / Milky Ways

"J’ai adoré Joakim. Là il revient, et il est concept. 10 chansons et autant de raisons de s’accrocher au génie qu’il est ou de se jeter du World Trade Center. Il décolle les étiquettes. Mais on peut définir ça comme une mixture noise-disco-pop-expérimentale. Entre les mélodies de Metronomy, les vocoders de Laurie Anderson et le côté branleur doué de Shiko Shiko. C’est vraiment bon, mais invendable. Ca va faire un tabac !" ++

EDITORIAL

Juillet 2009 : Sexual Earthquake In Kobe

Je voulais aborder avec eux le mystère eighties. Le mystère eighties, pour moi, c’est la question du revival, de la ré-évaluation. Je ne parle pas des émissions de Foucault qu’on retrouvait sur TF1, chaque vendredi, il y a une dizaine d’années. "Les cinquante plus grands tubes de tous les temps" — tous enregistrés entre 81 et 89 ! C’étaient les "Démons De Minuit", les "Trois Nuits Par Semaine", les "Sunlights Des Tropiques", et l’hymne crypto-gay "Born To Be Alive". De la nostalgie pour quarantenaire — au mieux, une nostalgie communicative. Et puis, Émile et Images, s’agissait-il vraiment d’un retour ? La musique de variété eighties avait-elle jamais quitté la télévision ? Avait-elle jamais quitté les bacs à compiles ?

Qu’un téléspectateur bedonnant souhaite retrouver le vieil Émile et le vieux Gilbert, fort bien. Mais qu’un post-adolescent chébran se mette à sonner eighties, c’est un autre genre de truc. Pendant la même année 2003, les Strokes sortent "12:51", les Dandy Warhols, "We Used To Be Friends", Franz Ferdinand, "Darts Of Pleasure". En quelques mois, sans qu’on comprenne bien comment ni pourquoi, on passe du revival seventies (psyché, glam, garage) au revival eighties — même si l’instrumentation n’a pas encore changé. Par la suite reviennent boîtes à rythmes, synthétiseurs, et couleurs vives. Côté critique, on réhabilite, on réhabilite... même Depeche Mode ! Aujourd’hui, on a Ladyhawke en couverture de Magic. Le mauvais goût devient le bon goût. Et tous ceux qui ont été élevés dans la détestation des années 80 s’adaptent, autant que la musique nouvelle s’adapte à eux. Pourquoi les eighties revisitées sonnent-elles tellement mieux que les eighties authentiques ?

Cette question, je voulais la poser aux membres de Sexual Earthquake In Kobe, mais ils m’ont pris de cours. "Je pense que les gens confondent beaucoup de choses, qu’ils mélangent un peu tout. Ils entendent une mélodie simple au clavier, et ils se disent que c’est le clavier qui est ’eighties’." Une confusion ? J’ai laissé ma question de côté.

Sexual Earthquake In Kobe - SEIK / photo de Lorène Durret pour Subjective

"Dans les années 80, ils essayaient de faire des tubes assez simplement, des titres assez simples. C’est peut-être surtout dans la manière de composer qu’on se rapproche d’eux." Le minimalisme de SEIK... est plutôt dense. La musique remplit tout l’espace, le moindre centimètre cube. Les claviers sont ici, là, et là-bas. La voix de Charly se multiplie, se diffuse, questionne, répond, gémit, pleure. Tout en même temps. Ou presque. On ne sait pas. La distorsion brouille tout, la doublette espace-temps ! Et les structures... allez les comprendre ! En dépit de la légèreté, de l’apparente trivialité (on parle de dance music), il y a des idées claires, une vraie vision. Faire des choses légères, de façon sérieuse, sans se prendre au sérieux. C’est un bon motto.

Mieux que nombre de groupes à connotation eighties, Sexual Earthquake In Kobe brouille les valeurs. Le mauvais goût ? La vulgarité ? Ils détruisent ces concepts droitiers sans même prendre la peine de s’en expliquer. Très à l’aise dans leur univers pornographique, entourés de mille paires de nichons, de mille chattes, de mille chevelures permanentées. Du revivalisme eighties, ils retiennent la meilleure intention : balayer les vieux jugements esthétiques, au risque de se les reprendre en pleine tronche.

> Nico Calibre




Subjective pied SUBJECTIVE / obsession pop mensuelle | webzine musical dédié à un groupe ou artiste amateur et novateur | ouvert à tous styles populaires : rock, indie, electro, punk, funk, jazz, hip hop... | blog, interview, vidéo, photo, chronique, téléchargement mp3, streaming, blog | the white loose woman | toy fight | revival kensuke | sexual earthquake in kobe | your happy end | binoculars | milestone | minor sailor | hard working boss | michael wookey | we are the romans! | gulcher | luminocolor | moloko velocet | the yolks | clint is gone | concerts trimestriels | soirée le 18 juin 2010 à l'International | pour nous écrire : contact@subjectivemusic.com
Ce site n'est pas compatible avec Internet Explorer 6 : préférez Firefox, Safari, IE7 ou IE8.


Creative Commons License
Les photographies et vidéos publiées sur Subjective sont mises à disposition sous contrat Creative Commons.