TEXTES



HARPAGES / Au Moment


Émotion visuelle dans laquelle tu respireras lentement l’essence de la quiétude, sur des laps de temps insondables. Ataraxie des sens dans un soupir de basse, tu te dissiperas en suspension moléculaire dans l’instant d’une harmonie.

Harpagès précède l’Objet, formation dont nous vous parlions récemment. Ce sont deux frères qui forment le groupe éponyme, actif depuis le début des 2000’s. Au Moment est disponible chez Structure Records.

Par Nicolas Fez



Lolito : premier album


On m’a dit « t’es pas obligé de la rédiger cette chronique », mais pour moi, être obligé c’est de finir mes choux de Bruxelles pour ne pas fâcher ma mère, de laver des voitures au salon de l’automobile car il y a de l’argent de poche à la clé ou de bien penser à fermer le gaz pour éviter de faire péter l’immeuble. Non, écrire sur un truc qui me plaît, je ne me sens pas obligé… C’est même gratifiant de penser qu’on compte sur moi pour louer les qualités (nombreuses) de ce disque de Lolito.

D’abord, j’ai pris « Bastrd » en pleine poire ! Ces voix haut perchées, cette basse solide, ces riffs de guitare chaloupés, cette batterie qui tricote le tout. « Hold Me Kiss Me » ou « Annette’s Skirt » prolongent ce plaisir instantané.

Lolito Premier album

Il y a une vraie énergie punk rock mêlée à des mélodies pop. Deux chansons un peu plus heavy se glissent dans le lot et le français trouve sa place sur un titre qui ne doit rien à Patrick Coutin. Les chansons sont pour la plupart courtes, directes et sans détour. Ça fourmille d’idées : des chœurs d’enfants énervés (à qui on aurait refusé une glace par exemple), des mises en place originales (je pense à la chanson « Les Filles Et Les Gars »), des breaks inattendus (sur le titre « Lolito » notamment).

Les arrangements sont peu nombreux, on reste sur le combo classique basse / batterie / guitare, ce qui donne une sonorité sèche et nerveuse qui sied à merveille. L’ajout de clavier sur certains morceaux apporte de la légèreté mais c’est souvent pour mieux relancer la sauce ! La musique de Lolito est empreinte de nostalgie, elle nous renvoie parfois quelques années en arrière, au temps où on avait encore les cheveux longs…

Un coup de pied au cul peut-il être salutaire pour avancer ? Peut-être… En tout cas la musique de Lolito fout une petite claque et donne envie de se bouger : à voir absolument en concert !

par Antonin Ollivier

» La suite !



DOMOTIC / « Before And After Silence »


Domotic Before And After SilenceMets la nappe, on va manger des tripes. Avec un titre clin d’œil à Brian Eno, cette belle cassette bleu (limitée à 100 exemplaires) réactive nos envies de nostalgie. C’est Domotic et Charlotte Sampling (deux membres de notre bien aimé Karaocake) qui sont à l’origine de cet opuscule chimérique à la conception épique  : « Ce sont des morceaux faits au 4-pistes en 2003 puis exhumés en 2006 puis rebossés en 2008 et ça sort maintenant. C’est assez lofi et tout simple, fait surtout avec les oreilles et presque sans écran ». A écouter en s’imaginant siroter un moonshine expressément préparé par Freddie Quell, accoudé sur une table en formica, le cul vissé dans un siège en rotin, en se disant sans arrières pensées qu’avant c’était quand même mieux.

Disponible chez Clapping Music.

par Nicolas Fez



Some of us call that rock’n’roll


Nicolas Djavanshir, le Nico Sushi de feu White Loose Woman, de Green Vaughan, de Persian Rabbit (entre autres) est, en plus d’un musicien accompli, un photographe talentueux.

Témoin autant qu’acteur de la scène rock actuelle, il distille en 70 clichés l’intensité d’une  vie Rock’n’roll.

A l’Aéronef jusqu’au 24 février, visible les soirs de concert.



2012 en dix titres : notre rétrospective


Petits veinards ! Alors que vous pensiez la douce période des hit parades révolue, alors que vous repreniez sans entrain le chemin de vos lycées, de vos facs, de vos bureaux, de vos usines, votre chagrin à peine consolé par une galette trop chère voire une couronne trop légère… l’équipe de Subjective vous offre sans prévenir son best of rétrospectif, plus éclectique que jamais :

– PATRICK WATSON / « Lighthouse » (Hedwige Dhénain)
– SAEZ / « A Nos Amours » (Romain Al)
– KENY ARKANA / « Gens Pressés » (David Hardillier)
– MOTORAMA / « To The South » (Fabien Hellier)
– GRIZZLY BEAR / « Sleeping Ute » (Nico Calibre)
– SPOEK MATHAMBO / « Let Them Talk » (Nicolas Fait)
– MAC DEMARCO / « Ode To Viceroy » (Rodrigue Bryselbout)
– CHILLY GONZALES / « White Keys » (Victor Sion)
– MAJOR LAZER / « Get Free » (Thomas Darras)
– PEAKING LIGHTS / « Beautiful Son » (Lille Vän)

PATRICK WATSON / « Lighthouse »

par Hedwige Dhénain

Pat Watson est le frère, le cousin, l’ami le plus rassurant du monde, le plus fun et le plus touchant aussi. Il est celui qui a réussi à me faire chialer comme rarement j’ai pu le faire pendant un concert (Trianon, 30 octobre 2012).

Son dernier album en date Adventures In Your Own Backyard, sorti en avril 2012, est une pure merveille et c’est bien au travers de cet album que je l’ai aimé, ce fou chantant de Montréal. C’est avec le titre « Lighthouse » qu’il ouvre l’album et qu’il a su ouvrir mon cœur au bonheur d’avoir des oreilles.

SAEZ / « A Nos Amours »

par Romain Al

Délicieuse prose dans la langue de momo, si rare en ce nouveau bas monde ! Ouf… on y peut encore chanter l’Amour avec justesse, délicatesse, mélancolie, simplicité et génie ! Merci encore à toi, Damien !

KENY ARKANA / « Gens Pressés »

par David Hardillier

C’est juste pour nous rappeler quelque peu qu’au final, nous sommes tous coincés, pris au piège de nos vies au service d’un monde capitaliste dont on ne voit pas l’issue. L’argent ne nous procure qu’un ersatz de liberté en nous donnant accès à nos besoins tous aussi futiles qu’inutiles. Mais quand serons nous réellement tous libres ? Quand donc briserons-nous nos chaînes ? (Et la petite référence au clip de Another Brick in The Wall des Floyd n’est que bien trouvée)

MOTORAMA / « To The South »

par Fabien Hellier

Ils sont Russes et apportent une touche d’exotisme dans le paysage pop mais on aurait tort de s’arrêter là.
Les cinq de Motorama sortent leur premier album notamment grâce au flair des Bordelais de Talitres, qui ont décidément le nez creux. Rapidement on tombe et reste sous le charme de la sincérité et de la générosité qui émanent des « twee pop » songs de ce groupe qui, pour l’avoir vu au Point FMR, ne laisse pas sa part au voisin sur scène.
Vladislav Parshin, chanteur et leader du groupe, explique que son inspiration provient des sons que sa belle (bassiste) émet en dormant. Une fois qu’on a dit ça, on peut largement s’arrêter là.

GRIZZLY BEAR / « Sleeping Ute »

par Nico Calibre

L’an dernier j’avais hésité à sélectionner John Maus et j’avais finalement opté pour les Strokes. J’aurais voulu changer d’image, délaisser les groupes à guitares, y compris le vieux Jon Spencer (qui a sorti un chef d’œuvre en 2012), pourquoi pas vous dire quelques mots sur le DJ Barcelonais John Talabot, que j’aime bien… Mais au fond, le groupe qui m’a le plus ému en 2012, c’est quand même Grizzly Bear. Comme beaucoup, j’ai attendu Shields pour faire mon coming out : jusque là, je n’avais jamais raffolé de ce groupe. J’avais vaguement fait mine de, et encore… Pardon. Sûrement n’avais-je jamais plongé assez profond pour voir au-delà des artifices, de la sophistication froide de Veckatimest. L’album Shields au contraire n’est pas froid du tout. C’est presque un nouveau groupe. Tout est superbe d’un bout à l’autre. Mais tant qu’à faire, je préfère le bout entrant : « Sleeping Ute ». Avec ses décharges galopantes. Le chanteur est un peu du genre « champêtre », comme le disait un détracteur, mais il l’est, cette fois, dans une ambiance qui rappelle le meilleur du tout-début-seventies : un son, un grain, une chaleur… Promis, pour la rétrospective 2013, j’arrêterai la nostalgie !

SPOEK MATHAMBO / « Let Them Talk »

par Nicolas Fait

L’Afrique du Sud est très remarquée ces derniers temps pour sa production musicale. Adieu Johnny Clegg, désormais on fait du hip-hop. Le Zef qu’avait balancé Die Antwoord et Jack Parrow en 2009 s’étant un peu essoufflé et malencontreusement technoïsé, l’interrogation de l’année consistait à savoir à qui remettre notre paire d’oreilles. Un peu moins Zef car plus branché, Spoek Mathambo avait déjà balancé une fantastique rondelle nommée Mshini Wam en 2010, album quasiment sans taches. Sorti début 2012, Father Creeper n’est lui pas sans taches et loin s’en faut. Mais en dépit d’une déception que je dois avouer assez grande, il y a ce morceau, « Let Them Talk », qui fut annoncé quelques semaines avant la sortie de l’album et qui m’avait fait saliver abondamment. Du Hip, du Hop, mais surtout un peu plus de rock, en particulier vers la fin du titre avec une espèce de montée à la cool qui m’évoque vaguement ce qu’aurait pu faire un bon groupe dans les 90’s. Scénarisé et bien filmé, le clip nous montre sans ambages les mauvais usages de la drogue. Zijabulisa !

MAC DEMARCO / « Ode To Viceroy »

par Rodrigue Bryselbout

Mac DeMarco,  ou une espèce de renouveau du je-m’en-foutisme musicale de génie à la Pavement.

CHILLY GONZALES / « White Keys »

par Victor Sion

Parler de Gonzales, c’est parler avant tout du personnage : l’humour gras, l’excentricité, la mégalomanie, la vantardise. L’écouter est bien moins agaçant, même presque apaisant : un flot de notes bien calibrées, saccadées d’un rythme aigu par-ci, d’un accord en mineur par-là. Tendez l’oreille, on ne juge que trop par les apparences.

MAJOR LAZER / « Get Free »

par Thomas Darras

Diplo, DJ/producteur de son état et anthropologue musical à ses heures perdues, s’est mis en tête il y a trois ans, avec son projet musical Major Lazer, de nous faire découvrir la trop peu connue scène dancehall Jamaïcaine. S’accouplant sans retenue avec des artistes reconnus dans le milieu (plus quelques stars de dimension internationale), il a conçu en son sein un album métisse, Guns Don’t Kill People… Lazers Do. Dignes filles de ce gang-bang musical, les 13 pistes forment une incitation vaudou au déhanchement et à la transpiration. (Ne ratez pas les clips de « Pon De Floor » et « Keep It Goin’ Louder »).

En 2012 pourtant sort « Get Free », single de l’album à venir Major Lazer Frees The Universe. Ici Major Lazer pose les guns et nous propose une promenade mélancolique dans un Kingstone qui s’éveille et qui, les vapeurs et les fumées se dissipant, se souvient.

C’est Amber Koffman, l’une des deux filles de Dirty Projectors, qui pose sa voix vibrante sur un beat assagi et langoureux.
Un bijou de poésie.

PEAKING LIGHTS / « Beautiful Son »

par Lille Vän

Beautiful son, comme un hymne au psyché exeptionnel et déroutant nous fait planner et vivre l’ivresse aquatique à l’état pur. Deuxième titre du dernier album des Peaking Lights, laissez vous porter par ses mélodies naïves et nébuleuses…



Merry Melodies avec Motorifik : mercredi 16 janvier au Motel


Subjective Merry Melodies avec Motorifik le 16 janvier 2013 au Motel

Subjective, espace de propagande pop, vous donne rendez-vous une fois par mois au Motel : un groupe invité, un concert en acoustique, un dj set and… that’s all folks !

Mercredi 16 janvier, nous accueillerons MOTORIFIK, prochaine obsession pop de Subjective, qui prépare actuellement son deuxième album. Après le concert, le chanteur-compositeur Idrisse Khelifi se tiendra derrière les platines, casque à l’oreille et disques à la main.

« If psych-pop duo Motorifik had been around in the 1990s, they would probably have been on Creation Records, so perfectly do they embody that aesthetic, with churning slo-mo guitar grooves and great, anthemic choruses hovering on the edge of legibility. » (The Independent)

motorifik.bandcamp.com



« Obsession pop : Lou Reed » ce soir à l’Hybride (Lille)


La deuxième soirée, ce jeudi 20 décembre à L’Hybride, Subjective prolonge le voyage dans la discographie de Lou Reed avec la projection de Lou Reed’s Berlin : l’intégral de l’album de 1975, considéré comme l’un des chefs d’œuvre du chanteur, mis en scène et filmé par Julian Schnabel. En première partie, le premier et unique film réalisé par Lou Reed, Red Shirley, est diffusé pour la toute première fois dans un cinéma français.

A tout à l’heure !

Lou Reed Hybride 20 décembre 2012

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