CHRONIQUES : GULCHER PRESENTE



THE CLASH / London Calling (1979)


the clash london calling

Pour moi c’est le seul double-album de l’histoire de la musique qui est vraiment parfait de A à Z. Je trouve que même sur Blonde On Blonde de Dylan ou sur le Double Blanc des Beatles, que j’adore, il y a des défauts, du remplissage. Tandis que London Calling est vraiment parfait. C’est à la fois pop et rock, rempli d’influences black, ça groove, c’est punk, c’est new wave… Le morceau « London Calling » est un hymne de folie… Et puis il y a autre chose chez les Clash qui a pu me donner envie de jouer dans des groupes : c’est cette espèce de casse absolue. Quand je pense à un groupe de rock, il me vient de tout de suite cette image de ces quatre mecs, totalement complémentaires, un look de dingue, super sapes et super style…

par Alexandre Rouger

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WILLIAM SHELLER


William Sheller

Pour l’ensemble de sa carrière. William Sheller est mon artiste francophone préféré. Il n’est malheureusement pas reconnu à sa juste valeur. Un vieux titre comme  « Le Carnet À Spirales » serait un peu l’équivalent français d’une chanson à la XTC ! Écoutez les arrangements !

par Alexander Faem

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AZTEC CAMERA / High Land, Hard Rain (1983)


Aztec Camera High Land Hard Rain

J’ai beaucoup d’affection pour la scène britannique du début des années 80 et particulièrement celle de Glasgow. Aztec Camera est presque un One Man Band, Roddy Frame est le maître à bord, un jeune qui ne paie pas de mine, un loser. Son songwriting est d’une délicatesse infinie, à l’image de ses arrangements de guitare renversants. Il y a quelque chose de très adolescent et lumineux dans ses mélodies, toutes ses chansons sont toujours à la frontière de l’espoir et de la désillusion. Je crois que je ne pourrai jamais me passer de ce disque, il a quelque chose d’honnête et de pur, c’est très pop, très accessible, parfois tubesque, et toujours très personnel. On retrouve ce sentiment doux-amer qui transparait toujours chez des groupes écossais récents comme Camera Obscura par exemple. Je suis très admiratif d’Edwyn Collins également, qui était sur le même label avec son groupe Orange Juice. Ces grands romantiques ont une influence prépondérante chez tous les groupes britanniques à succès du début des années 2000, Franz Ferdinand, les Libertines… Je me dis parfois qu’aucun de ceux-là ne leur arrivent pourtant à la cheville. Il suffit d’écouter la tape C81 du NME pour comprendre que tout était déjà là, en plus pur.

par Johan D

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DEPECHE MODE / 101 (Film de D.A. Pennebake, 1989)


depeche mode - 101

Le genre de groupe qui m’a toujours un peu fait peur de par son statut et sa fanbase. Je ne sais jamais vraiment comment les aborder. Cet été Arte a diffusé ce film qui retrace leur tournée américaine pour promouvoir Music For The Masses, on y suit le groupe et aussi des fans sélectionnés via un concours. Outre la beauté graphique du film j’ai vraiment été touché par ces types capables de jouer des pop songs super intimes et personnelles comme si elles ne leur appartenaient déjà plus. On sent vraiment cette idée tout au long de 101, on voit le groupe changer de statut et c’est fascinant à observer. Depuis j’ai fait une énorme cure de Depeche Mode mais ce sont toujours les images de ce live qui me viennent en tête quand je pense à eux. Musicalement ils m’impressionnent énormément, je suis assez subjugué par l’habileté mélodique de Martin Gore. « Shake The Disease » me rend fou par exemple. On croirait que la phrase vocale qui apparaît lors du refrain ne va jamais s’arrêter, c’est hyper fort. Et puis leur utilisation des synthétiseurs et des sons électroniques est importante pour un groupe de ce statut, leur musique n’est pas si facile que ça. On sent que ces types font ça avec amour, cherchent à repousser leurs limites, j’aime aussi beaucoup cette habitude de proposer des mixes différents des versions albums pour leurs singles, c’est quelque chose qui se perd un peu et c’est dommage. Les rééditions de leurs albums sorties il y a quelques années sont également un modèle à suivre, la remasterisation est splendide et ne succombe pas au piège de la loudness war et les bonus sont assez dingues. Il y a à chaque fois un DVD avec l’album remixé en 5.1, des lives d’époque, toutes les face B et un documentaire hyper intéressant. C’est généreux parce qu’ils pourraient se contenter du quart de ça et vendre des tonnes de disques malgré tout.

par Johan D

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FIELD MUSIC


field music

C’est un groupe que j’apprécie particulièrement en ce moment. Ce sont des britanniques qui viennent de Sunderland. Ils prennent ce qu’il y a de meilleur dans la pop music de leurs aînés, en particulier XTC. Dans Gulcher, on est tous très fans de XTC. Field Music reproduit exactement ce que j’aime entendre chez les groupes britanniques qui ont cette influence-là. Ils ont sorti un album il y a trois ans, qui s’appelle Tones Of Town. Et de long en large, du premier au dernier morceau, c’est écrit de façon très subtile… Les sentiments qu’ils font passer dans leur musique passent parfaitement à travers les variations de tempo. La rythmique est vraiment très, très bien écrite. Ils jouent notamment beaucoup sur les syncopes : en tant que batteur, j’aime beaucoup ce côté syncopé. Et puis le gars chante très bien. C’est vraiment un groupe qui mériterait d’être davantage connu à l’heure actuelle. De tous les groupes britanniques du moment, c’est réellement l’un des meilleurs.

par Ronan Queffeulou

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THE STRANGLERS / La Folie (1981)


the stranglers - la folie

Deux mots me viennent à l’esprit lorsque je songe aux Stranglers : férocité et ambiguïté. Ces étrangleurs inquiétaient toute la scène punk de l’époque ; très généralement, là où ils passaient se répandait une traînée de violence et de sexe comme nulle part ailleurs… Tout le monde avait peur des Stranglers, Pete Townsend les trouvait immondes, c’est pour dire ! Des prostituées qui dansaient sur la scène, des bagarres dans le public, une musique sulfureuse, lettrée et tendue qui transpirait le psychédélisme, la folie, la drogue, l’ironie, l’agressivité : la terre inconnue pour certains !

par Alexander Faem

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PRINCE AND THE REVOLUTION / Purple Rain (1984)


prince and the revolution - purple rain

Prince, j’y suis venu assez tard. J’aimais déjà beaucoup les singles, puis j’ai découvert l’album. Ce qui m’a vraiment frappé dans Purple Rain, c’est que l’album porte vraiment le son de son époque. Il est à la fois assez expérimental, très pop, accessible mais bizarre, baroque.. Ça part dans tous les sens ; c’est une espèce de grande œuvre assez dingue. Ce que j’aime bien dans l’approche de Prince, c’est son côté extrêmement moderne. Il n’essaie pas de recréer un son. Moi-même, c’est quelque chose qui m’importe beaucoup quand je fais de la musique — même si j’aime aussi les groupes de genres, qui recréent des sons, des styles, des époques… Mais ce n’est pas du tout ma démarche musicalement. J’ai envie d’avoir mes influences tout en étant ancré dans mon époque… Et je trouve que Prince a réussi cela de façon merveilleuse sur Purple Rain. Prince invente le son de son époque, tout en laissant transparaître ses influences.

par Alexandre Rouger

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