Boureima Disco et le Super Bonkaney


AFTA

J’ai sérieusement considéré faire une chronique sur mes morceaux préférés avec des « lalala » dedans (The Delfonics « La La Means I Love You », Stereolab « A Flower Called Nowhere », Donovan « Operating Manual for Spaceship Earth »…) puis je me suis ravisé après avoir découvert le label Awesome Tapes From Africa par le biais de notre nouveau claviériste, Daniel, qui m’avait fait écouter le morceau « Dooyo » du groupe somalien Dur Dur Band.

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NIGHTRIDERS + MARIE MADELEINE. 23/09/2014. PARIS, Le Point éphémère.


Difficile de manquer la release party de Marie Madeleine, trio messin qui monte, qui monte d’autant que pour saluer les échanges de bons procédés à base de remix mutuel, les Night Riders, obsession Subjective, étaient présents.

 

Au Point Éphémère, devant un public compact et amoureux, nous étions présents dès 20h pour voir Night Riders assurer avec brio la première partie. Ces gens sont en train de faire un joli et mérité carton auprès de ceux qui ont pris au moins une fois le temps de se frotter à leur son rêche et charnel (merci Charlotte).

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ROBBING MILLIONS. 24/09/2014, BRUXELLES, Le Botanique.


«La prochaine, c’est le générique de Dragon ball Z !» lance Gaspard. Et alors qu’il prépare son kamehameha imaginaire, tout le monde reconnaît «Tenshinhan» dès les premières notes. Le tube, le voilà. Le voilà mais tordu et rallongé, enflammé par de grosses guitares. Le groupe va nous présenter ce soir des morceaux remodelés pour la scène, ou plutôt reforgés car c’est une matière métallique vivante qui va couler dans nos oreilles toute la soirée. Les cinq vont jouer sur les tempos et les longueurs, vont accélérer ou grossir le trait, vont faire vivre leur musique en somme. Et ils nous la font partager avec quelques trucs de rigolos : de petites chorégraphies avec ou sans gong, une belle lumière verte préhistorique…

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Stéphane Laporte : Fourrure Sounds


Au travers des diverses formations auxquelles il appartient, Stéphane Laporte est depuis longtemps l’égérie de nos nuits les plus tripées, de nos balades et de nos errances les plus oniriques. Nous vous parlions déjà de ce mystérieux personnage quand nous mentionnions les noms de Karaocake et de Domotic ; le revoici avec un album sorti chez Antinote le 29 septembre, intitulé chaudement Fourrure Sounds. Selon la légende, il aurait été composé sur un gros tapis entouré d’une kyrielle de machines chacune munies d’un nombre de potards incalculable.

Fourrure Sounds est un album à l’écoute duquel on retrouve une bibliothèque sonore que Stéphane Laporte avait déjà développée par ailleurs : boîtes à rythmes rudimentaires, claviers oscillants et imitant le comportement du thérémine, nappes étirées, échos, etc… Le climat que créé cet ensemble représente à mes yeux une version particulièrement chaleureuse des musiques dites électroniques que je ne retrouve que chez quelques praticiens de l’ambiant anglais et de la kraut la plus épurée des one man band berlinois. A écouter sur un tapis en faisant l’étoile de mer.

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The Blue Nile


The Blue Nile

La nuit, quand le silence s’épaissit, la fenêtre ouverte, les yeux fermés dans un lit aux draps froissés, j’entends la rumeur des trains qui s’échappent au travers d’une Europe assoupie et vieillissante. Une brise et je peux voir les limites de ma ville, me sentir vaste et petit, repérer la lueur de ma chambre quelque part au cœur du continent et m’endormir.

Par Gaspard Ryelandt



Mac DeMarco


MAC-DEMARCO-SALAD-DAYS-150x150

Voilà, j’aurais bien choisi un morceau de Deerhoof parce qu’en ouvrant facebook je suis tombé sur la playlist qu’ils viennent de faire pour Entertainment Weekly.

Et comme avant ça je savais pas trop quoi choisir j’ai pris ça pour un signe mais ensuite j’ai vu que y’avait déjà deux personnes qui avaient fait une chronique Subjective à propos de Deerhoof

(c’était pas très grave mais j’avais pas envie d’en faire une troisième).

Donc je savais plus trop quoi faire

et puis

hhhhghh ah

hhhhhghhfhhhh ben si

ggggggghhggghhgggggg je suis bête

ffffffffffffffffffhhhhffhffffffffffffffffffffffffffff pourquoi pas

ffffffffffffffffhfffffffffffffhhhfffffffffffffffffffffffffff Mac

fffffffffffffffffffffffffffffhffffifhffhhffffffffffffffff DeMarco

fffffffffffffffffffffffffffffffffffffhffhhhhfffffff Le talent à la cool
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Robbing Millions : sur le bout des doigts


J’ai toujours eu un penchant pour les groupes où l’on sent que les musiciens ont une maîtrise de leur instrument et qu’ils la restituent à leur public avec justesse et parcimonie. Je n’aime pas la virtuosité quand elle n’est qu’un moyen décharné d’empiler les notes, je la préfère quand elle se fait le véhicule de structures et de couleurs musicales originales et innovantes. En bref, la forme au service du fond, et non l’inverse. Car je crois que dans mon esprit, il existe une limite assez claire entre les musiques techniques démonstratives où les partitions sont au service de la dextérité des doigts des musiciens et celles où la technicité des morceaux n’est qu’un élément parmi tant d’autres, un champ de possibilités permettant de désosser les structures pop jouées à l’avance, de creuser vers des sonorités parfois dissonantes.

Ce sont sur ces principes que surfent les cinq de Robbing Millions. A l’écoute de leur premier EP, Ages and Sun, la première chose qui m’a sauté aux yeux, c’était justement la prouesse technique qui se cache derrière des morceaux efficaces, en apparence pop. Quand on met Ages and Sun dans le lecteur et qu’on lance le premier titre, « Tenshihan », le gimmick de guitare met de suite les pendules à l’heure. C’est peut-être une influence des radios belges, telle que Classic 21. En France, pour entendre un morceau de Led Zep ou de Ten Years After, il faut trouver le bon canal, la perle rare. Mais je m’égare, et les choix éditoriaux des radios n’ont sûrement rien à voir là-dedans. Toujours est-il qu’à mon avis, Robbing Millions fait partie de ces groupes qui réintroduisent la virtuosité dans le rock, et d’autant plus dans le rock indé. Car mis à part un panthéon de rock stars sur-médiatisées, les groupes qui en font des caisses en la matière ne sont pas toujours les plus appréciés : les soli trop étirés sont parfois perçus comme des objets musicaux que seul un petit groupe de geeks apprécie, ravis de s’ébahir devant la mobilité des doigts de leurs starlettes. C’est peut être l’époque d’un changement. Le retour des virtuoses, qui se mélangent désormais aux paysages complexes des musiques actuelles, où coexistent musiques sans solo, soli radiophoniques chronométrés et soli d’improvisation.


On peut lire dans les blogs spécialisés que Lucien Fraipont, guitariste et grand manitou de Robbing Millions, est aussi un as du jazz, officiant dans de nombreuses formations de la capitale belge tel que Winchovski. La filiation se trouve donc aussi dans le jazz, et on est pas surpris d’entendre des partitions de guitares où le poids de chacune des notes est géré au millimètre. Pourtant, les Robbing Millions sont bien loin d’une filiation trop évidente avec certains genres, certains classiques. Ils semblent avoir digéré une flopée d’influences variées qu’ils assemblent au gré de leurs envies pour construire ce qui m’est apparu somme toute comme un ovni de la scène rock indé. Les registres abordés sont innombrables, on y trouve une pincée de folk, une once de jazz, un zeste de transe ; bref, un gloubi-boulga à la recette complexe. Mais j’ai l’impression que pour eux, le nerf de la guerre, c’est le trip. Poussez à fond votre ampli et enfoncez deux fois la touche « skip » pour arriver au troisième morceau, celui qui porte le nom de l’EP, « Ages and Sun ». L’intention est assez claire : faire planer. Psychédélique, le mot est lâché. Les voix jumelles se superposent, la basse danse là où on ne l’attend pas, les nappes de clavier apaisent le mouvement… On s’embarque en deux mesures dans leur univers et on oublie finalement assez rapidement que ces cinq fantastiques connaissent leurs gammes sur le bout des doigts.

Par Nicolas Fait

Crédit photo : Marine Dricot