C'est Julie et Fabio qui magnifient l'idée de départ ++
La prochaine soirée Subjective Live !, ce sera le 21 octobre, toujours à l’International (Paris 11). Avec Clint Is Gone, Studio Paradise, et un troisième groupe dont on ne tardera guère à vous dévoiler le nom.
"Je me souviens parfaitement du jour où je suis tombé sur ce disque à la Fnac. J’avais 20 euros et je voulais me faire plaisir le lendemain d’un babysitting, c’était en 2003 et j’avais 16 ans. C’est à la suite de l’écoute de ce disque que je me suis dit "Oh Putain… Voilà mon héros". Ryan Adams n’a sorti par la suite que des grands disques, (même ROCK’N’ROLL dont la chanson titre justifie l’achat) mais ce disque est le plus grand disque de ces dernières années." ++
"J’ai découvert ce disque grâce à la pochette magnifique que j’ai repérée chez un disquaire à Londres. J’ai appris l’histoire de cette fille qui est particulière. C’est son fils qui a retrouvé des vieilles bandes des années 70 dans le grenier de la maison. C’était sa mère qui chantait, et elle-même avait oublié l’existence de ces bandes jusqu’à ce que son fils lui en parle." ++
"J’ai rejoint mon père un jour dans sa voiture et il écoutait un disque. J’ai bloqué et demandé ce que c’était... Mon père s’est retourné et a dit : "ça, c’est Bob Dylan, mon cher..." C’était "Mr. Tambourine Man". J’avais 13 ans et j’en suis toujours pas revenu. Time Out Of Mind est mon disque préféré comme Le Vieil Homme et la Mer d’Hemingway restera mon livre préféré." ++
On avait passé le mois dernier à sautiller dans la cuisine sur le "Faster" de The Yolks, et nous voilà avec l’envie de retirer nos chaussures et d’aller s’allonger dans les champs de blé. C’est l’été, Clint is Gone et on se sent un brin mélancolique.
Une cigarette au bec, façon lonely cowboy, ou un épi de blé, pour être plus clean, on a envie d’être le héros d’un road-movie, les cheveux au vent, la fenêtre ouverte. Il y avait bien cette fille dans la dernière ville. On s’est attaché un moment, elle nous a supplié de rester, on est parti quand même. On ne va pas précisément quelque part. On sentait simplement qu’il ne fallait pas trop qu’on s’attache, ni à la fille, ni à l’endroit. Pas vraiment de raison pour partir. Juste l’appel de la route.
Vous savez, ces films où le héros prend la route, pas vraiment pour chercher quelqu’un, mais plus pour comprendre quelque chose. On voit bien Antoine prendre sa guitare et sa voiture pour partir sur les traces de celle qu’il a aimée. Parti d’un coup, plein de rage et bien décidé à en découdre avec ce truc incompréhensible qu’est une histoire d’amour qui se termine. Fabio, croisé en stop, est monté en route, et Julie, qui chantait déjà dans l’une des villes, s’est laissée embarquer. On les voit bien tous les trois dans la voiture, dans ces films attachants où il ne se passe pourtant pas grand chose de spectaculaire. Juste la vie, les doutes.
On a passé une heure ou deux avec eux, à les suivre. Le générique s’annonce pour bientôt, Antoine a compris qu’on ne comprenait jamais rien dans ces cas-là. Il s’éloigne, seul sur la route, pas de colt dans la poche mais juste une guitare à l’épaule. On croit quelques secondes à une fin de loup solitaire, avant que Fabio et Julie ne le rattrapent. La route, pour eux, elle se fait à trois.
Coincée dans une chambre chaude à Paris, j’écoute "A Song To Sing Along". Forcément, envie d’ouvrir la fenêtre, et de mettre les bouts, loin. Je me souviens de ce copain qui m’avait dit un jour que quand il ne savait pas quoi faire, il se demandait toujours : "Mais qu’aurait fait Clint Eastwood ?" En finissant ma chronique, dans une chambre chaude, à Paris, je me dis que pour sûr, il aurait allumé un cigarillo, et remis le disque. "I’ve got to go now..."
> Camille Hardouin
