Ne finissez pas vos disques !


Tim Hardin

Ce n’est pas un hasard si le disque le plus réputé de van Morrison est Astral Week un de ces premiers enregistrements, datant de 1968. Van voulait alors rompre avec le rythm and blues qui l’avait pourtant rendu célèbre, pour affirmer son propre style : moyennant quoi il élargit son champ d’investigation musical en se dirigeant vers le jazz : bien lui en prit. En octobre 1968, il entre en studio avec le batteur Connie Kay, le bassiste Richard Davis, le guitariste Jay Berliner et l’arrangeur Larry Fallon. Ces quatre musiciens représentent à eux seuls la fine fleur des musiciens de jazz de l’époque, et le jazz est encore bien vivant en 68 (Monk, Mingus, Albert Ayler, Dolphy sont toujours là…).

Que ressent-t-on alors à l’écoute de ce disque ?

Le placement rythmique et les inventions mélodiques de ces quatre furieux, aussi lumineuses que chaotiques (parce que se réinventant), poussent le chanteur irlandais sur des terres qu’il ne maîtrise pas vraiment. Tandis que le contrebassiste invente des lignes de basse baroques d’une liberté époustouflante (écoutez le morceau « The Way Young Lovers Do » pour vous en convaincre), la batterie de Kay rugit de tous ses toms, à mettre le feu à quelques chansons déjà brûlantes de, par exemple… Joy division. Tout se passe comme si le chanteur cherchait systématiquement à se mettre en difficulté. Son chant n’est pas toujours juste ni parfaitement en place mais l’émotion est là. L’essentiel est là.

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MARC DESSE


En cuir et lunettes chips, Marc Desse arpente les rues du onzième, Paris. Il s’assoit, fume une clope et reprend son chemin. Rapport photo de notre investigatrice.

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Nicolas Paugam : passage souterrain


Une chronique dithyrambique de l’Aqua Mostlae débute sur une interrogation à la Pierre Vassiliu : « Qui c’est celui-là » ? Nicolas Paugam traficote une drôle de musique : elle nous a d’abord laissés sceptiques puis pantois. Tropicaliste pour les influences brésiliennes qui caractérisent la structure de ses morceaux, manouche pour la construction des soli ou de certains arrangements, et définitivement « chanson française » pour les textes et les thèmes abordés avec un surréalisme déconcertant, sa musique est aussi riche qu’inclassable. Et pour épaissir le mystère, cette affaire n’est pas récente : bientôt dix ans que Nicolas Paugam accumule les pépites sans faire trop de vagues. Dommage qu’il reste dans l’ombre et ne puisse pas jouir de la réputation qu’il mérite.

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Boureima Disco et le Super Bonkaney


AFTA

J’ai sérieusement considéré faire une chronique sur mes morceaux préférés avec des « lalala » dedans (The Delfonics « La La Means I Love You », Stereolab « A Flower Called Nowhere », Donovan « Operating Manual for Spaceship Earth »…) puis je me suis ravisé après avoir découvert le label Awesome Tapes From Africa par le biais de notre nouveau claviériste, Daniel, qui m’avait fait écouter le morceau « Dooyo » du groupe somalien Dur Dur Band.

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NIGHTRIDERS + MARIE MADELEINE. 23/09/2014. PARIS, Le Point éphémère.


Difficile de manquer la release party de Marie Madeleine, trio messin qui monte, qui monte d’autant que pour saluer les échanges de bons procédés à base de remix mutuel, les Night Riders, obsession Subjective, étaient présents.

 

Au Point Éphémère, devant un public compact et amoureux, nous étions présents dès 20h pour voir Night Riders assurer avec brio la première partie. Ces gens sont en train de faire un joli et mérité carton auprès de ceux qui ont pris au moins une fois le temps de se frotter à leur son rêche et charnel (merci Charlotte).

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ROBBING MILLIONS. 24/09/2014, BRUXELLES, Le Botanique.


«La prochaine, c’est le générique de Dragon ball Z !» lance Gaspard. Et alors qu’il prépare son kamehameha imaginaire, tout le monde reconnaît «Tenshinhan» dès les premières notes. Le tube, le voilà. Le voilà mais tordu et rallongé, enflammé par de grosses guitares. Le groupe va nous présenter ce soir des morceaux remodelés pour la scène, ou plutôt reforgés car c’est une matière métallique vivante qui va couler dans nos oreilles toute la soirée. Les cinq vont jouer sur les tempos et les longueurs, vont accélérer ou grossir le trait, vont faire vivre leur musique en somme. Et ils nous la font partager avec quelques trucs de rigolos : de petites chorégraphies avec ou sans gong, une belle lumière verte préhistorique…

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Stéphane Laporte : Fourrure Sounds


Au travers des diverses formations auxquelles il appartient, Stéphane Laporte est depuis longtemps l’égérie de nos nuits les plus tripées, de nos balades et de nos errances les plus oniriques. Nous vous parlions déjà de ce mystérieux personnage quand nous mentionnions les noms de Karaocake et de Domotic ; le revoici avec un album sorti chez Antinote le 29 septembre, intitulé chaudement Fourrure Sounds. Selon la légende, il aurait été composé sur un gros tapis entouré d’une kyrielle de machines chacune munies d’un nombre de potards incalculable.

Fourrure Sounds est un album à l’écoute duquel on retrouve une bibliothèque sonore que Stéphane Laporte avait déjà développée par ailleurs : boîtes à rythmes rudimentaires, claviers oscillants et imitant le comportement du thérémine, nappes étirées, échos, etc… Le climat que créé cet ensemble représente à mes yeux une version particulièrement chaleureuse des musiques dites électroniques que je ne retrouve que chez quelques praticiens de l’ambiant anglais et de la kraut la plus épurée des one man band berlinois. A écouter sur un tapis en faisant l’étoile de mer.

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