CHRONIQUES : FIODOR DREAM DOG PRESENTE
BERTRAND BELIN, FRANCOIS MOREL et OLIVIER DAVIAUD / Pensez à moi (2011)
Un disque qui m’a plu dernièrement : 9 chansons de jeunesse de Brassens.
Georges Brassens est connu.
Il s’est rendu célèbre sûrement, parfaitement et pour longtemps en écrivant des chansons, dont la fausse simplicité a permis à des générations d’entonner, menton levé, des refrains d’un niveau de langage peu commun. Je connais, personnellement, un petit bout de ces chansons, certaines par cœur, et elles me surprennent toujours, forme et fond en tiroirs d’Alice, parce qu’à mesure que je grandis (ou vieillis), le sens grandit lui aussi, et les chansons deviennent, pour certaines, de nouvelles chansons.
Olivier Daviaud est moins connu du grand public.
CHRONIQUES : LUMINOCOLOR PRESENTE
LOUIS AGUILAR AND THE CROCODILE TEARS / Close Your Eyes, You’re Invisible (2011)
[La chronique qui suit a déjà été publiée sur le site de Laybell.]
Prodige précoce, Louis Aguilar sort à 21 ans son quatrième album, une humble pépite de folk savamment arrangée.
Adieu la formule voix / guitare acoustique des premiers albums, Louis Aguilar joue désormais électrifié et accompagné des Crocodile Tears : Brendan O’Regan à la basse et Nicolas Degrande à la batterie, qui officie déjà au sein des excellents Roken is Dodelijk.
Louis Aguilar And The Crocodiles Tears ne viennent pas plus de Lille que du fin fond du Kentucky. Et leurs chansons ne sont pas plus ancrées dans l’année 2011 qu’elles ne l’auraient été dans l’année 1974. Ce style de musique est intemporel, quand il est parfaitement maîtrisé.
Fiodor Dream Dog présente ‘Second Of Joy’
Il arrive qu’on s’approche du monde douteux qui nous entourait, et qu’on découvre que les pixels qui le composent sont en réalité faits de citrons, de Rubik’s cubes, et de visages qu’on a aimés, il y a longtemps. Pas de panique, vous êtes simplement en train d’écouter Second Of Joy, le deuxième album de Fiodor Dream Dog.
On a demandé à la créature qui l’a composé de nous raconter quelque chose sur chacune des chansons qui composent ce fantastique disque, que vous seriez bien avisés d’acheter en vinyle chez Les Boutiques Sonores.
2011 en quatorze titres : notre rétrospective
Audace : nous avons décidé qu’il n’était ni déjà trop tard ni encore trop tôt pour vous parler de l’an 2011.
Une fois n’est pas coutume, ce sont donc les filles et les garçons de Subjective qui vous présenteront ci-après, à tour de rôle, leur chanson préférée de 2011.
Conformément à l’esprit du temps, mais aussi (ça tombe bien) à celui de notre association, certains rédacteurs se sont affranchis du carcan du bon goût et de la pression des snobs. Saurez-vous reconnaître ces êtres courageux ?
– WU LYF / « We Bros » (Vivien Pertusot)
– FINK / « Perfect Darkness » (Hedwige Dhénain)
– LANA DEL REY / « Video Games » (Camille Hardouin)
– BABE YOUTH / « Break Me » (Aliosha)
– METRONOMY / « Everything Goes My Way » (Victor Sion)
– RADIOHEAD / « Feral » (Romain Al)
– TYLER, THE CREATOR / « Analog » (Fabien Hellier)
– THE TOWN CRAZIES / « Hypocrite In A Hippy Crypt » (Charles Sion)
– SEBASTIAN / « Embody » (Thomas Darras)
– JENNIFER LOPEZ / « On The Floor » (Jérôme de Larosière)
– PLANNINGTOROCK / « The Breaks » (Nicolas Fait)
– LES TÊTES RAIDES / « L’An Demain » (David Hardillier)
– THE STROKES / « Under Cover Of Darkness » (Nico Calibre)
– KING KRULE / « The Noose Of Jah City » (Rodrigue Bryselbout)
Lolito @ International (soirée Noomiz 19.01.2012)
Apollo, venu de l’espace, avait bien chauffé la salle. Puis Lolito l’a charmée… et je ne parle pas seulement du mini short en jean d’Annette (collants noirs, talons vernis) et de la robe verte de Florence.
Aller à un concert de Lolito, c’est toujours un petit évènement, on sait qu’il va se passer quelque chose. Dès les premières notes, on sent la salle qui frémit, il y a une excitation, des soubresauts, comme une sorte de rite dans le rythme et dans la mélodie ; et puis surtout cette énergie follement libératrice que nous envoient Anne, Florence, Mathias et Michel, pendant l’heure qu’ils consacrent à la santé de nos corps.
Subjective, la nouvelle formule
Subjective a 30 mois.
À 30 mois, les petits humains apprennent à devenir propres. On choisira pourtant de rester raisonnablement sales, les choses trop clean sont si vite suspectes dans le milieu de la pop libre. 30 mois, c’est aussi l’âge où les lions atteignent leur maturité sexuelle, mais on se demande vraiment ce que ce constat obscur, obscène et néanmoins factuel vient faire sur un blog musical. Rattrapons nous : 30 mois c’est cet intervalle de temps qui sépare The Dark Side Of The Moon de Wish You Were Here, deux albums essentiels qui ont marqué leur époque… blabla etc. Pour une fois, l’essentiel est ailleurs.
Disons les choses autrement. Il y a plusieurs façons de rentrer dans un site Internet. Le premier profil est celui de l’internaute méthodique qui privilégie une approche globale du contenu : il passe en revue les rubriques, clique sur tous les liens, toujours à l’affût des pop-up rédhibitoires. C’est un type à la Napoléon, qui aime avoir sa vision du champ de bataille. Le second profil est celui de l’internaute pressé, qui lit immédiatement le premier billet (celui-ci, déjà trop long à son goût). Ce jeune innocent a un peu le syndrome du type qui, lorsqu’il fait une recherche google, clique systématiquement sur le premier lien. On aime beaucoup son côté « chien fougueux », de toute façon, il apprendra bien assez tôt à prendre son temps. À l’opposé, le troisième profil est celui de l’internaute contemplatif, celui qui savoure le design, l’architecture du site, jauge les polices, s’attarde sur le mouvement des logos. C’est un être bucolique. Si l’ambiance lui convient, on n’est pas prêt de le voir partir. Le dernier profil est l’internaute pervers, celui qui ira directement en bas de la page dans les crédits et s’interrogera sur la qualité du référencement.
On s’égare déjà, alors lâchons le morceau une bonne fois pour toutes. Subjective, pour ses 30 mois, a décidé de passer un cap et de prendre de l’ampleur. En 2011, vous connaissiez un webzine mensuel. En 2012, le site web devient un véritable espace de propagande musicale. Le vœu reste le même : défendre une sélection d’artistes et de groupes amateurs, explorer leurs mondes, suivre leurs parcours, et leur donner la parole. Mais l’ambition s’élargit, nous souhaitons maintenant accompagner dans la durée les groupes que nous sélectionnons, suivre leurs évolutions mois après mois tout en les faisant parler des disques qu’ils découvrent, faire le chemin avec eux puisque nous les aimons. On vous proposera donc plus de concerts et, dans l’horizon encore brumeux, non loin du soleil doux de l’aube et de l’étoile du matin (Vééééééénus), il y a l’esquisse de nouveaux projets, prometteurs oui, mais que nous devons taire pour que vous ne mouilliez pas trop précocément vos culottes en coton.
Lecteurs méthodiques, pressés, bucoliques ou même pervers : nous voici donc arrivés avec vous à ce moment de l’histoire où l’on va (comme on dit dans le milieu de la pop libre) tourner le vinyle pour mettre la face B. On ne peut pas s’empêcher de repenser avec nostalgie aux premiers instants, de dire mentalement à tous ceux qui nous ont aidés à sillonner la face A « I wish you were here » ; et puis, heureusement, la nostalgie s’efface pour laisser la place à cette insondable, inaltérable, émotionnante, commotionnante excitation – oui, l’excitation ! – des nouvelles aventures. La maturité sexuelle, on vous l’avait bien dit !
L’équipe de Subjective
Fiodor Dream Dog
Il y a quelques mois, lors d’une errance nocturne, on avait assisté à un concert fiévreux. Le public se calmait tout juste des secousses géniales du groupe OK (qui sortent dans quelques semaines leur deuxième EP, mais on vous en reparlera), quand on avait vu arriver Fiodor Dream Dog et son armée de Skips. Calmes, concentrés, ils conquirent la salle (c’était tellement beau qu’on utilise carrément le passé simple), ils conquirent la salle, disai-je, avec une classe et une aisance franchement impressionnantes. À peu près un an plus tard, Fiodor Dream Dog sort son deuxième album, et nous on est tout contents de vous faire partager ce petit trésor musical.
Voilà, c’est notre première obsession de l’année et on va vous en parler BEAUCOUP. Que celui qui n’invente pas des chorés à la troisième écoute de « Sorry For The Lashes », nous jette la première bière. Que celui qui ne chavire pas dès les premières notes de « Crossing Over » file acheter des cotons tiges. (Que celui qui n’a jamais pris de la drogue avant d’écrire un édito change de blog.)
Pourquoi donc te jeter sur cet opus comme un loup affamé sur la chair laiteuse d’un jeune enfant perdu ?





































